APHP: Une centaine de lits occupés par des loges maquillage en raison d'un tournage

APHP: Une centaine de lits occupés par des loges maquillage en raison d'un tournage

La guerre qui oppose Florian Bachelier à Martin Hirsch vient de prendre un nouveau tournant.

A la suite de leur acide échange épistolaire, révélé par Le Parisien, le député LREM d’Ille-et-Vilaine, questeur de l’Assemblée nationale, a franchi un cran en se rendant par surprise à l’Hôtel-Dieu.

Une visite, comme une tournée d’inspection en forme de provocation. Car l’élu n’a informé personne, ni demandé une quelconque autorisation.

« Martin Hirsch, il est au service de l’Etat, il est fonctionnaire. Moi, je suis au service des Français. Je n’ai pas besoin d’autorisation de qui que ce soit, pour me rendre où je veux », argue Bachelier.

« Je suis son patron », osera même le député face à un agent. « Les fonctionnaires, leur patron c’est l’Etat », justifie-t-il en aparté.

Une nouvelle offensive, donc, sur le fond comme dans la manière. Quitte à en faire trop ? « Mon objectif est qu’on ait les éléments factuels qui nous permettent de prendre les arbitrages », défend le député, qui y voit une bataille contre « l’état profond » et compte transmettre ses observations au ministre de la Santé, Olivier Véran.

Le choix du lieu, soumis à un démantèlement progressif depuis sept ans, ne doit rien au hasard. Voilà plusieurs semaines que le médiatique urgentiste, Gérald Kierzek, martèle que des salles d’hospitalisation sont ici prêtes à être réarmées.

«Il y a les fluides, l’électricité, il y a tout»

La visite débute par l’unité Saint-Charles : enfilade de chambres, occupées ici par des costumes de pompiers, là par une loge maquillage.

Au pied de la cathédrale Notre-Dame, ici, c’est le prochain film de Jean-Jacques Annaud que l’on tourne.

Selon l’urgentiste, 80 à 100 lits d’hospitalisation conventionnelle pourraient être ouverts dans les cinq services inutilisés de l’hôpital. « Il y a les fluides, l’électricité, il y a tout », martèle Gérald Kierzek. « Je comprends pourquoi il met un peu de temps à me répondre… », tacle le député. Visés au passage par la petite troupe, à laquelle s’est aussi joint Jean-François, membre du CHSCT et délégué CGT, les propos de Martin Hirsch lors de son audition au Sénat, en mai 2020. « Sous serment », pique Bachelier.

Pas si simple d’installer des lits, tempère auprès du Parisien le directeur de l’agence régionale de santé (ARS) d’Ile-de-France, Aurélien Rousseau, tout en faisant valoir que « sur l’hospitalisation conventionnelle, on a encore des capacités de plusieurs centaines de lits en Ile-de-France ».

La visite passe par l’ancien service de réanimation, devenu un centre de réhabilitation par le sport, puis les urgences en partie transformées en centre de vaccination.

Autant de potentiels lits supplémentaires, selon Kierzek, qui martèle : « On a de la marge de manœuvre et cet hôpital fait partie de la marge de manœuvre. »

Echo à la tribune alarmiste des directeurs médicaux de crise de l’AP-HP, qui a tout déclenché début avril. « Une pression », dit Bachelier. Avec la certitude que celui-ci « roule » pour Anne Hidalgo, les Macronistes y ont vu une « offensive politique » téléguidée par Hirsch, ce dont l’intéressé se défend.

Un enjeu très politique

« L’AP-HP a travaillé à un plan incluant des capacités supplémentaires dans des lieux considérés comme les plus adaptés par les médecins réanimateurs, pour 300 lits », répond le groupement hospitalier, faisant valoir que « dans ce cadre a été installé le centre Météor à La Pitié-Salpêtrière, notamment, qui n’a pas été actionné à ce jour ». Et d’ajouter : « Martin Hirsch maintient l’ensemble des arguments développés devant la commission d’enquête du Sénat, qui s’appuie sur l’expertise des médecins réanimateurs de l’AP-HP. »

Motus, en revanche, sur l’enjeu très politique de cette passe d’armes, que l’on pensait close après la convocation du patron de l’AP-HP par Olivier Véran. Quatre jours plus tard, c’est avec le secrétaire général de l’Elysée, Alexis Kohler, qu’Hirsch avait rendez-vous, officiellement pour évoquer la situation sanitaire. Rompez ? Bachelier, lui, était resté l’arme au pied. Au risque de raviver les tensions.

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Ne leur pardonnez pas, ils savent ce qu'ils font. Claire Sévérac
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