Les universités italiennes en ébullition contre le “Green Pass” et la vaccination obligatoire

Les universités italiennes en ébullition contre le “Green Pass” et la vaccination obligatoire

Face à l'imposition par le recteur de l'Université de Padoue du "Green Pass" - équivalent du passe sanitaire en France, le professeur Andrea Camperio Ciani a remis son “pass” au recteur, démissionné de ses cours et exige d'être formellement radié de la chaire de psychologie évolutionnaire dont il est titulaire ; il déclare également qu'il accepte de ne plus être rémunéré.

Le Pr Camperio Ciani a écrit une lettre ouverte au recteur et aux ministres de la Santé et de l'Éducation, datée du 25 août 2021 et dont nous citons un extrait ici.

“Je chérissais l'illusion que l'université avait appris les principes de liberté et de démocratie – tel n'est pas le cas”

“J'ai l'honneur d'être l'arrière-petit-fils de Costanzo Zenoni, qui renonça à la chaire d'anatomie à l'Université de Milan pour ne pas avoir à prendre la carte du parti fasciste. Mes ancêtres étaient des patriotes, des héros et des penseurs, et m'ont transmis l'idéal de l'université comme foyer de liberté et de démocratie. Je vois que ce n'est pas du tout le cas et j'en assume la pleine responsabilité (...). Au nom de la liberté, pour tous les anti-vax dont je ne partage pourtant pas les idées (…) je considère que les discriminer est un acte liberticide et obscurantiste.”


Lettre ouverte des professeurs Pacini et Trabuco (extraits)

"Par le passé, il est déjà arrivé qu'au nom d'une idéologie, soient adoptées des méthodes discriminatoires (…) qui ont divisé la population en restreignant, jusqu'à l'emploi de la violence, les libertés fondamentales de certains (…). À ces sombres époques, ce furent des enseignants universitaires qui se sont rébélés, au prix de perdre leur travail et d'être ostracisés par un système académique sous la coupe du pouvoir politique du moment. Nous sommes disposés à retrouver leur courage et à nous opposer fermement au Green Pass et à tout ce qu'il entraîne. L'université est censée être un lieu (…) de liberté, de confrontation et d'épanouissement, plutôt qu'un endroit où l'on endoctrine les esprits… Pendant de longues années, nous avons parlé dans les amphithéâtres de démocratie, de résistance et de politique, pour devenir désormais complices de tout ce qui s'y oppose frontalement ? L’imposition de ce laisser-passer vert marque l'un des pires moments de l'histoire italienne. En tant que professeurs nous sommes les gardiens avant tout de connaissances qui sont le chemin de la liberté. Nous la défenderons, ainsi que le droit à l'éducation (…) et à la réalisation d'un monde meilleur.”

Lorenzo Maria Pacini, philosophe, professeur UniDolomiti
Daniele Trabucco, constitionnaliste, professeur UniDolomiti


Par ailleurs, un appel des enseignants a été rédigé par les professeurs d'université Guido Cappelli, Giuseppe Germano et Antonietta Iacono : “Le Green Pass est un laisser-passer vers la discrimination”. Il a dépuis été signé par de nombreux universitaires. En voici quelques extraits :

“De plus en plus de citoyens assistent dans l'angoisse et la stupéfaction à une dérive autoritaire et transhumaniste à un niveau national et global… faisant fi des lois et des Constitutions qui ont coûté aux générations précédentes tant de luttes et de sacrifices, voire la vie… une agressivité du pouvoir jamais vue même par rapport aux périodes les plus obscures de notre histoire, une violence pervasive, des appareils de propagande sans scrupule et ne connaissant aucune limite, le tout saturé d'une mentalité va-t-en-guerre : tout cela annonce un genre de mutation génétique de la classe dirigeante et de leurs rapports à la population."

“Les relations humaines ont été stérilisées et reconstruites de haut en bas par des règles de distanciation censées devenir permenantes, dictées par un pouvoir sourd et par une nuée de prétendus experts chargés de réécrire les relations interpersonnelles… Ceci a mis en branle un processus d'annihilation de l'auto-détermination pour lequel on ne connaît aucun précédent historique."

“Nous sommes des intellectuels intervenant dans les sciences humaines et sociales. Nous appelons à une prise de conscience collective qui se transforme en action rationnelle, pacifique mais énergique, afin de confronter un défi qui, autrement, serait susceptible de transformer notre société en dystopie innamovible.”

En plus des professeurs, scientifiques et étudiants se sont aussi joints à cette forme de résistance. Alors que le recteur de l'Université de Padoue Rizzuto avait exhorté les étudiants à se faire vacciner par courriel en juillet, le Dr Sara Collauto a rédigé une lettre de 18 pages dans laquelle elle s'est attachée à démonter un à un les arguments de l'intéressé. Quelques lignes de cette dernière :

“Pour ma part, je peine à comprendre votre décision de ne pas justifier d'un point de vue scientifique vos affirmations, geste que je considère fort osé dans un milieu universitaire où l'étude et l'analyse des données objectives devraient constituer l'essence même d'un discours rationnel, lucide, à la recherche de la vérité et dépourvu de toute influence externe. Si cela n'est pas le cas à l'université, où, alors, le trouvera-t-on ? Quel espoir de progrès existerait-il alors pour la science, la culture, ou la politique ?"

De leur côté, des étudiants de l'Université de Bergamo ont rédigé leur propre lettre début septembre, l'adressant au Sénat académique, aux chercheurs et à tout le corps enseignant. En voici un court extrait :

“Dans un contexte de chaos planifié des normes et des statistiques, où ne subsiste que très peu de vérifiable et observable et où ceux qui dictent les lois sont souvent les scientifiques les plus autoritaires - mais qui font moins autorité – il nous semble que l'université se trouve à un tournant. Il se peut que nous soyons devant la possibilité terrible de la régression par rapport aux principes modernes de la méthode scientifique expérimentale, avec le retour à l'opacité (…) du principe d'autorité, sclérosé dans la pierre d'une Science que nul n'a droit de contester. Il serait plus exact et sans doute plus sain, de prendre la voie de la liberté plutôt que celle de la peur et du contrôle… Il se pourrait bien que (...) nous, les destinataires et les auteurs de cette lettre, soyons les bâtisseurs de l'avenir. À partir d'aujourd'hui, chacun d'entre nous, individuellement, en portera la responsabilité.”


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