Les vraies questions avant les petits mouchoirs

Les vraies questions avant les petits mouchoirs

Posons-nous les bonnes questions : nous en sommes rapidement arrivés aux émotions, mais avons-nous tout fait pour maîtriser les tenants et les aboutissants de cette crise ? Depuis mars 2020, les Français assistent, démunis, à une surenchère politico-médiatique permanente qui divise un peu plus le pays à chaque fois. Apogée de la scission, l'extension du passe sanitaire qui s'apprête à être votée à l'Assemblée prévoit une discrimination sanitaire entre vaccinés et non-vaccinés.

Pour autant, l'on se demande sur quoi s'appuie cette fraction croissante. Si les assertions scientifiques sont nombreuses, tout le monde ne semble pas s'accorder sur les faits.

Olivier Véran annonce que les masques sont inutiles, puis ils sont rendus obligatoires. Les tests PCR sont le fondement de nos statistiques, donc de nos décisions politiques, et quelques mois plus tard, l'OMS indique qu'ils ont été mal utilisés. Confinements et couvre-feu se renvoient la balle, tandis que les manifestations contre les mesures coercitives s'amplifient. Emmanuel Macron assure que les vaccins ne seront jamais rendus obligatoires, et que le passe sanitaire ne saurait être étendu aux activités quotidiennes de la vie, pourtant c'est le projet qui est en discussion aujourd'hui. À ce sujet, le Conseil d'État aussi s'est dédit. Les vaccins sont notre seule chance, car ils protègent contre 95 % des formes graves, pourtant ils n'empêchent ni la contamination, ni la transmission.

En somme, la confusion règne et divise les Français. C'est d'ailleurs ce sur quoi la Défenseure des droits Claire Hédon a insisté dans son communiqué sur le projet de loi de la gestion de la crise sanitaire ; la précipitation et la difficile lisibilité des mesures entravent "l’exercice de droits et libertés de manière non proportionnée à l’objectif poursuivi."

Alors que certains sénateurs appellent aujourd'hui le gouvernement à autoriser le débat sur l'obligation vaccinale généralisée - demandant de fait une révision de la Constitution, assurant que le passe sanitaire est trop difficile à mettre en place, d'autres citoyens manifestent dans les rues, de plus en plus nombreux, pour mettre un terme définitif au passe sanitaire, mais aussi à l'obligation vaccinale. La peur règne, et chacun scande son avis en essayant de crier plus fort que l'autre.

La dernière prise de parole du Premier ministre, à 13h ce jour - dans laquelle il a annoncé que les restaurateurs contrôleront le passe sanitaire mais pas l'identité, et que les vaccinés ne pourront plus être "cas contact", n'aura pas manqué de faire réagir les internautes :


Alors que faut-il faire pour se délivrer de la confusion générale ? Peut-être, poser les bonnes questions. Seulement aujourd'hui, rares sont les journalistes à bien vouloir poser les questions, pourtant latentes au sein de la société :


Au Sénat aujourd'hui, Alain Houpert faisait partie de ceux qui ont bien voulu poser les questions clairement :

"Monsieur le Premier ministre,

Une de vos formules favorites pour qualifier votre politique est celle "d'agir en responsabilité". Vous avez eu raison de montrer les outrances et les images abjectes utilisées par certains extrémistes lors des manifestations contre l'obligation vaccinale et le passe sanitaire. Mais à côté de ces irresponsables, vous auriez intérêt à essayer de comprendre le bruit de fond de tous les autres : ils défilent pour une certaine idée de notre France où la liberté est assortie de devoirs mais aussi de droits.

Je vous pose donc la question : est-ce "agir en responsabilité" de fracturer l'unité du peuple français consacrée par notre Constitution en dressant les vaccinés contre les non-vaccinés ?"

Évidemment, le Premier ministre, applaudi par l'assemblée pour s'être levé de son siège, ne daigne pas répondre à la question mais profite plutôt de l'occasion pour répéter une énième fois les bienfaits de la vaccination, s'énervant quelques fois pendant sa prise de parole. Alain Houpert ne manquera pas, lors de sa réplique, de lui faire crédit d'un talent pour "le marketing vaccinal", tout en citant Nelson Mandela : "Je ne suis pas libre si je prive quelqu'un d'autre de sa liberté. L'opprimé et l'oppresseur sont tous deux dépossédés de leur humanité". Comme d'autres, il déplore la fin de la Liberté, premier élément de notre "Trinité républicaine" : Liberté, Égalité, Fraternité.

De son côté, André Bercoff pose une autre question fondamentale :

Si quelques-uns parviennent à avoir les oreilles du peuple, qui aura celles du gouvernement ? Peut-être devrions nous raison garder, et mettre toutes les chances de notre côté avant de sortir les petits mouchoirs pour y pleurer, ou s'y énerver.

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