TEMOIGNAGES. Des soignants expliquent pourquoi ils refusent de se faire vacciner contre le Covid-19

TEMOIGNAGES. Des soignants expliquent pourquoi ils refusent de se faire vacciner contre le Covid-19

Alors que la vaccination obligatoire pour les soignants fait son chemin sur le terrain politique, certains parmi les premiers concernés refusent de se faire vacciner contre le Covid-19, malgré la crainte du variant Delta et d’une quatrième vague en France. Ils nous expliquent pourquoi.

Le Premier ministre Jean Castex poursuit ses consultations politiques concernant l’obligation vaccinale des soignants en rencontrant des associations d’élus locaux ce jeudi 8 juillet 2021. Mais sur le front du terrain médical, certains soignants ne comptent pas se faire vacciner contre le Covid-19. Malgré la crainte d’un rebond épidémique de coronavirus cet été en France et malgré les appels répétés de médecins qui en appellent au devoir moral, des infirmiers et des aides-soignants qui œuvrent au plus près des patients, refusent le vaccin. Loin d’être anti-vax, ils ont accepté de témoigner.


Manque de recul

« Je ne suis pas contre le vaccin en général », assure Célia, aide-soignante dans une maison de retraite dans les Hauts-de-Seine. « Mais par rapport au Covid, il y a plein de contradictions », déplore-t-elle.

Les incertitudes, les doutes et les hésitations qui ont entouré la gestion de la crise du coronavirus ont la peau dure. Certains soignants n’ont pas confiance en les vaccins dont les effets secondaires ont braqué l’attention. « Je ne suis pas encore convaincue du vaccin. Depuis le début, on nous dit tellement de choses et après on revient avec des propos contradictoires », estime Célia.

« J’ai un fort doute », renchérit Martine, une infirmière travaillant dans un établissement de soins pour personnes âgées. « Le vaccin ne protège pas entièrement du Covid. J’ai des amis qui ont eu le Covid même après le vaccin, c’est hallucinant », dit-elle. Dans ce contexte, Martine ne veut pas prendre le risque de se vacciner, car elle affirme avoir une pathologie qui affecte ses défenses immunitaires. « Je suis d’accord qu’on me donne un vaccin, mais quelles garanties j’ai de ne pas développer des symptômes plus graves ?, s’interroge-t-elle. Avant de créer un vaccin, on mettait du temps à le créer pour avoir un minimum d’effets indésirables. Là, on va à la va-vite et on se rend compte après coup qu’il y a plein d’effets indésirables. On parle maintenant de péricardites… »


Une confiance brisée

L’évolution des chiffres et les comptes rendus sur lesquels s’appuie pourtant le gouvernement pour conduire sa stratégie de lutte contre l’épidémie ne suffisent plus désormais à convaincre ces soignants. « On entend toujours des chiffres, des chiffres et des chiffres », déplore Sandra, une aide-soignante travaillant dans un Ehpad à Fontenay-aux-Roses. « Je me demande si on ne gonfle pas les chiffres. Nous, on a connu la première vague, mais les deuxième et troisième vagues, on ne les a pas connues », raconte l’aide-soignante, pour qui la réponse vaccinale auprès des personnes âgées après la première vague ne convainc pas. « Je ne sais pas si la diminution des cas est due à la vaccination ou si c’est parce que les gens ont fait plus attention », commente-t-elle.


Un manque de liberté

Des soignants rejettent le principe d’imposer un vaccin dont ils soulignent le manque de recul comparé à d’autres vaccins obligatoires pourtant imposés aux soignants. « On force les gens à se faire vacciner. C’est un manque de liberté. Le gouvernement dirige notre vie, en nous dictant ce qu’on doit faire et pas faire », dénonce Célia.

En France, quatre vaccins sont pourtant obligatoires pour les soignants : ceux contre la diphtérie, le tétanos, la poliomyélite, et l’hépatite B. « Les autres vaccins obligatoires n’ont pas été trouvés en six ou huit mois, rétorque Sandra. Les autres vaccins ont été soumis à des recherches beaucoup plus approfondies », insiste-t-elle. « On devrait être libre de choisir de se faire vacciner », tranche-t-elle.


« On est les bêtes noires »

Par ailleurs, certains soignants déplorent être le centre du débat de la vaccination obligatoire. « On parle des soignants, qu’il faut protéger les patients du Covid, mais les familles ? Elles ne prennent pas plus de précaution et ce sont pourtant les premières à contaminer leurs parents, interpelle Martine. On ne peut pas mettre sur le dos des soignants la contamination. » Elle dénonce un manque de « reconnaissance » à l’heure où elle et ses collègues « subissent le Covid en sous-effectifs », rendant la prise en charge « difficile des patients pour donner des soins de qualité ».

Un sentiment amer que partage Célia : « On a l’impression que nous, les soignants, si on ne se fait pas vacciner, on est les bêtes noires ». Elle assure pourtant faire preuve de sens moral en prenant des précautions: en se faisant tester en cas de symptôme notamment et en minimisant les risques d’infections. « On n’est pas à l’abri de transmettre le virus surtout avec le variant Delta, mais pour le moment je fais très attention, assure-t-elle. Ça fait longtemps que je n’ai pas vu mes amis, je porte le masque et quand quelqu’un dans le bus n’a pas le masque je n’y rentre pas. Je prends des précautions : je ne vais pas dans les concerts… Ma vie, c’est maison, travail, travail, maison », résume-t-elle.


Défiance contre le gouvernement

Pour Fatima, auxiliaire de vie sociale qui œuvre auprès d’une femme âgée de 97 ans, aujourd’hui vaccinée, à Chaville (Hauts-de-Seine), la vaccination contre le Covid-19 n’est pas à l’ordre du jour non plus. En plus de douter de l’efficacité des vaccins anti-Covid – « trop nouveaux » – elle considère que refuser la vaccination est aussi une façon de « protester » contre le gouvernement. « On n’est pas suffisamment reconnus », déplore cette auxiliaire de vie qui dit exercer depuis 30 ans. « On exerce un métier difficile qui implique des responsabilités. C’est un travail physique, psychologique. On fait l’infirmière, l’aide soignante, la femme de ménage, il faut tenir… Et on est mal payé. Moi j’ai ma santé qui en pâtit », déplore-t-elle. « Je voudrais que le gouvernement reconnaisse le travail très difficile qu’on fait alors qu’on est payé une misère. On n’est pas des esclaves. On soigne quand même leurs parents, leurs grands-parents », rappelle cette femme de 53 ans.

Face à la progression du variant Delta et à la baisse de cadence vaccinale en France, bon nombre de représentants du corps médical soutiennent au contraire la vaccination obligatoire. Le ministre de la Santé, Olivier Véran, et plusieurs organisations professionnelles du secteur se sont dits ainsi favorables à « une obligation vaccinale des professionnels de santé » contre le Covid-19, dans un texte commun publié à l’issue d’une rencontre ce mercredi 7 juillet.

Si un projet de loi venait à entériner l’obligation vaccinale, certains soignants se demandent toutefois jusqu’où ils pousseront leur principe de liberté individuelle : « Qu’est-ce qui se passera pour tous les soignants qui ne veulent vraiment pas se faire vacciner malgré l’obligation, interpelle Célia. On leur dira « tchao » alors qu’ils ont 20 ou 40 ans de métier ? »

Fatima, elle, affirme ne pas encore être sûre de s’y soumettre. « Je ne vois pas comment ils pourraient m’y obliger ou alors je ne travaille plus comme auxiliaire de vie ». D’autres comme Sandra,s’y résigneront, parce que « devoir mettre un coton-tige dans le nez, à un moment, c’est agaçant ».

Entre-temps, si l’idée d’imposer la vaccination ne manque pas de susciter quelques malaises, beaucoup espèrent encore convaincre.

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