Hydroxychloroquine vs Covid : une nouvelle méta-analyse conclut à sa toxicité... mais le diable est encore dans les détails

Hydroxychloroquine vs Covid : une nouvelle méta-analyse conclut à sa toxicité... mais le diable est

ANALYSE - Cette étude, publication définitive d'une prépublication datant de fin 2020, pourrait paraître un nouveau démenti de l'efficacité de l’hydroxychloroquine comme traitement contre la Covid. Pourtant, en y regardant de plus près, c’est bien le contraire qui est montré.

C’est même une excellente nouvelle, car dans ses tableaux, elle permet d’identifier les dosages, avec deux études Recovery et Solidarity qui représentent 88% des effectifs de l’étude et sont deux études avec un surdosage explicite en hydroxychloroquine.

"Elle montre donc qu’avec un mauvais dosage on arrive à des conclusions adverses. "

On ne peut que remercier les auteurs de faire cette analyse, mais ils ne la poussent pas jusqu'au bout. Le rapport scientifique des médecins italiens au Conseil d’état avait été très complet en séparant les études avec un fort dosage ou sur des patients hospitalisés et un dosage plus conforme à la bithérapie proposée par le professeur Raoult administrée précocement.

Cette étude ne prend pas en considération l’état des patients, ni le stade auquel les patients auront pris l’hydroxychloroquine. Bref une étude de plus qui démontre que le surdosage en hydroxychloroquine peut entraîner une mortalité accrue, mais ne peut pas démontrer la non-efficacité de l’hydroxychloroquine.

Le surdosage de ces deux études fortement contesté scientifiquement

Ces deux études présentent des caractéristiques identiques en termes de dosage d’hydroxychloroquine dans les premières 24h. 2400mg d’hydroxychloroquine pour Recovery, ce qui avait fait bondir le professeur Perronne en juin 2020 :

« C'est bien la première fois que j'apprends qu'on utilise l'hydroxychloroquine dans la dysenterie amibienne, en plus à dose super-toxique pour l'homme. Je pense qu'il a confondu l'hydroxychloroquine avec l'hydroxyquinoléine. » Et à propos de Martin Landray, investigateur en chef de l’étude Recovery, il lâchait :

« cet homme, qui se dit médecin, est incompétent et dangereux. Il faut dénoncer ce scandale. »

Mais le Pr Perronne n’en est pas resté là puisqu’il a d’abord publié une lettre avec le Dr Lacout et le Valère Lounnas, docteur en biologie moléculaire, dans le New England Journal of Medicine, afin de contester le surdosage de Recovery dont la conclusion revue par les pairs était sans appel :

« la nécessité pour les acteurs de la recherche clinique française de reconsidérer tous leurs préjugés à l'égard de l'hydroxychloroquine. Ces préjugés sont le résultat du refus de comprendre que la réalité du bénéfice potentiel d'un traitement et sa mesure d'efficacité clinique ne sont pas nécessairement corrélés aux résultats d'expériences par trop réductrices, conduites in vitro et même parfois uniquement in silico (résultats obtenus pas calculs théoriques sur ordinateur) qui ne peuvent en aucun cas reproduire la complexité physiologique humaine. »

Forts de cette lettre publiée, les auteurs proposaient une méta-analyse tenant compte de la problématique du surdosage de Recovery et concluaient :

« Après discussion approfondie des biais, les résultats de la méta-analyse revisitée sont en faveur de l'efficacité de l'HCQ seule ou associée à l'AZI dans le traitement du Covid-19. Ces médicaments ne démontrent pas de toxicité cardiaque significative et sont dans l'ensemble bien tolérés. »

Les Italiens de leur côté publiaient un rapport d’analyse qui était repris dans une décision du Conseil d’Etat d’approuver l’hydroxychloroquine comme traitement contre la Covid-19 après avoir été retirée de la liste des médicaments suite à l’étude frauduleuse du Lancet.

Des interrogations

Au-delà du fait que deux études avec des surdosages représentent une pondération excessive dans le calcul de l’efficacité globale, un point qui attire notre attention est le taux de mortalité du bras HCQ de l’étude Recovery à 26,97% versus le placebo à 25,04%.

Nous rappelons que dans l’étude de l’AP-HP (Assistance publique - Hôpitaux de Paris), le bras HCQ avait un taux de mortalité de 21,9% et le placebo de 17,8%. Un écart net qui peut être expliqué par la différence de dosage important e entre les deux études et un état de santé différent des patients – plus grave dans Recovery.

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