Un nouveau scandale de corruption met en question l’impartialité et l’indépendance de l’OMS

Un nouveau scandale de corruption met en question l’impartialité et l’indépendance de l’OMS

Il y a un an, alors que l’Italie était touchée par la première vague de Covid, l’OMS aurait reçu des pressions financières de la part du pays pour écarter un rapport accablant sur sa gestion de l’épidémie. Par la suite, pour laver son image, l’OMS aurait fait pression sur l’épidémiologiste en charge de ce rapport pour étouffer l’affaire.

Ranieri Guerra, ex-directeur adjoint de [l’OMS] est soupçonné d’avoir exercé des pressions — y compris financières — au sein de l’OMS pour camoufler la responsabilité de son pays face à la première vague de coronavirus qui a décimé la péninsule au printemps dernier.

Les faits remontent à mai 2020. L’OMS publie un rapport [accablant] intitulé « Un défi sans précédent, la première réponse de l’Italie au Covid-19 »  avant de le supprimer vingt-quatre heures plus tard. Or, quelque temps auparavant, l’Italie avait versé  une contribution volontaire de dix millions de dollars à l’OMS.

Pressions et menaces

La justice italienne soupçonne le très respectable Ranieri Guerra d’être à l’origine d’un retrait considéré comme de la censure.

Pour cause, le conseiller spécial de l’OMS était directeur du département de la prévention au ministère italien de la santé, et donc, directement mis en cause par le rapport. L’OMS se défend de toute connivence et affirme que le document n’avait pas été validé avant publication:

«Les données et informations contenues dans le rapport n'avaient pas été vérifiées et contenaient des imprécisions et incohérences. Il n'aurait pas dû être publié et a été retiré par le bureau régional Europe»

, affirme l’institution dans un communiqué.

Les procureurs de Bergame ont pourtant découvert que le document avait été validé conjointement par Catherine Smallwood, la responsable de situations d’urgence au bureau Europe de l’OMS, par la scientifique Dorit Nitzan et par la scientifique en cheffe de l’OMS, Soumya Swaminathan.

Selon eux, «Guerra s’est attelé personnellement au retrait du document du site de l’OMS», révèle le journal suisse Le Temps. Le haut cadre de l'organisation aurait d'abord tenté de convaincre le chercheur Francesco Zambon de falsifier le rapport.

L'indépendance en question

L’affaire secoue une Italie meurtrie par le souvenir d’une première vague particulièrement violente: selon plusieurs études, une meilleure préparation du pays aurait pu permettre de sauver au minimum 10.000 vies au printemps dernier. Elle plonge également dans l’embarras la prestigieuse OMS, déjà attaquée à plusieurs reprises quant à son manque d’indépendance vis-à-vis de la Chine.

L’épidémiologiste Francesco Zambon, missionné pour piloter le rapport, a démissionné le 11 avril, tiraillé entre les convocations de la justice italienne et l’OMS qui lui enjoignait de ne pas témoigner au nom de son immunité de haut fonctionnaire à l’institution. «L’enjeu désormais n’est plus le rapport.

L’enjeu, c’est l’OMS, une organisation dont le monde a besoin. C’est son indépendance vis-à-vis de ses États membres. Car si un rapport tel que le nôtre doit être révisé parce qu’il incommode un gouvernement, en l’occurrence italien, imaginez ce qu’il en est avec la Chine», a déclaré le chercheur au Temps. Il a également entamé une procédure judiciaire au sein de l'Organisation pour manquement éthique.

Faut-il s’inquiéter d’un scandale similaire en France? La nomination d’Agnès Buzyn en janvier au sein de l’OMS avait suscité bien des critiques en janvier. Certains craignaient en effet que l’ex-ministre de la Santé ne bénéficie d’une immunité diplomatique, à l’heure où elle est visée par une enquête de la Cour de justice de la République pour ses manquements dans la gestion de la crise sanitaire.

Commentaires : 0
Participez à la discussion, postez votre commentaire ici. Votre commentaire ne sera pas visible de suite, il doit être approuvé avant d'apparaître ci-dessous

Vous devez être connecté pour pouvoir poster un commentaire

Il n'y a pas encore de commentaire. Soyez le premier à poster

A propos

Vous l'aurez sans doute remarqué, le monde a un petit peu changé depuis le premier trimestre 2020. Pas facile de s'y retrouver parmi ce flot ininterrompu de news, infos, brèves, reportages, débats télévisés, même des encarts publicitaires... Beaucoup trop d'info tue l'info. Pourtant il en a sûrement sur ce site dont vous n'avez pas encore eu connaissance. Servez-vous et partagez.

A lire

Le traître et le néant
Gérard Davet, Fabrice Lhomme
JFK/11 Septembre
Laurent Guyénot

La vraie info est ici

Tags