Belgique, festival de fake news

Belgique, festival de fake news

On en viendrait presque à croire que le gouvernement belge a recruté une boîte de marketing pour venir avec des idées toujours plus créatives, toujours plus fausses, aussi, pour autant qu’elles soient bien anxiogènes.

Eh oui, au moment où l’on fait remonter artificiellement le nombre de cas en augmentant tout simplement le nombre de tests, et en vue d’un probable reconfinement qui commence à pointer le bout de son nez dans une majorité de pays européens, il fallait trouver du lourd, bien glauque, alors si en plus ça rappelle les heures les plus sombres de la main de ma soeur dans la culotte du zouave, allons-y!

Ainsi le journal Le Soir, le quotidien le plus lu du pays titrait hier :

Coronavirus: la plus forte surmortalité depuis la seconde guerre mondiale

Une étude de l’UCLouvain analyse finement le phénomène de surmortalité lié au Covid. Les villes et les campagnes d’un côté, les hommes et les femmes de l’autre, ne sont pas égaux devant le virus.
On s’en doutait un peu mais une nouvelle étude pilotée par le centre de recherche en démographie de l’UCLouvain vient le confirmer : « En Belgique, comme dans de nombreux autres pays dans le monde, les mois de mars, avril et mai 2020 se sont avérés être exceptionnellement dramatiques du point de vue de la mortalité. Ce constat est particulièrement vrai pour la période qui s’étend de mi-mars à fin avril, caractérisée par une surmortalité jusqu’à deux fois plus importante en comparaison avec les tendances moyennes de la période 2016-2019 », expliquent les huit chercheurs à l’origine de l’étude. « S’il n’est pas directement attribuable en tant que tel au Covid-19, le phénomène est pourtant largement lié à cette pandémie » (il a par exemple touché des personnes déjà fragilisées par d’autres affections). Les courbes de surmortalité correspondent d’ailleurs à peu de chose près aux décès officiellement liés à la maladie.  Lire la suite (article payant)

À lire ceci, on se dit tout d’abord qu’on a affaire à une hécatombe…  Ensuite on en vient à se poser quelques questions :

  • Pourquoi comparer à la situation durant l’occupation, et pas à un phénomène comparable comme la grippe asiatique (1957) ou celle de Hong Kong (1968)?  Tout simplement parce que ça rappelle les heures les plus sombres, tiens.  Et ensuite parce que si l’on avait comparé à ces épidémies, le coronavirus aurait plus que probablement passé pour un rhume un peu méchant, ce qui aurait été du plus mauvais effet.    Et ajoutons que la mortalité en temps d’occupation avait bien d’autres causes que les épidémies.  On pourrait parler des soldats morts au combat, des victimes civiles, des privations, etc.
  • Pourquoi vouloir se focaliser absolument sur deux mois (mars avril)?  Quand on veut comparer d’une année sur l’autre, on compare le nombre de décès sur toute l’année si possible, sachant que l’épidémie de grippe ne frappe pas tous les ans à la même date.

Et si l’on en revenait aux faits?

Puisque les données concernant le nombre de décès, toutes causes confondues sont disponibles chez Statbel, j’ai donc été les récupérer, afin de procéder à une mise à jour de ma base de données.

Pour toute sécurité, et afin de limiter les effets de bords dûs au remontées tardives, je me suis limité à la période allant du 1/1 au 31/08 pour chaque année allant de 2016 à 2020.  Dans la mesure où le pic de décès covid s’est produit en mars-avril, cela laisse 5 mois de marge par rapport aux données disponibles (qui s’arrêtent au 27/09/2020).

Et j’obtiens ainsi le tableau suivant :

Année Décès
2016 71.985
2017 74.003
2018 75.391
2019 73.235
2020 81.580


Et si l’on compare 2020 à 2018, on a une surmortalité de 81.580 – 75.391 = 6.189 unités.  Sachant qu’on a désormais largement laissé derrière nous le pic de l’épidémie, on peut supposer que la mortalité sur le reste de l’année sera égale ou légèrement inférieure à celle de 2019 sur la même période.  Pourquoi?  Tout simplement parce que le coronavirus a eu pour effet de faire mourir sur une courte période des gens âgés et perclus de comorbidités qui seraient normalement morts plus tard dans l’année.

Conclusion


Sachant que parmi tous les gens qui ont été déclarés morts du covid, il y a gros à parier que seuls 6% environ sont morts du covid et non avec le covid, on peut se demander où les autorités, les médias, et la VUB vont chercher les 10.151 personnes supposément décédées du COVID.

Toujours sans parler du fait qu’une bonne part de la surmortalité résulte précisément de la gestion calamiteuse de cette épidémie : opérations annulées, soins ambulatoires annulés, confinement de personnes âgées malades dans les résidences pour personnes âgées avec interdiction de les transférer en réanimation, etc.

Une fois de plus, on nous prend pour des quiches, mais ça, on commence à en avoir l’habitude, malheureusement.

Philippe Huysmans

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