Gestion de la crise sanitaire : retrouver le bon sens

Gestion de la crise sanitaire : retrouver le bon sens

Plus d’un an s’est écoulé depuis le début de la crise sanitaire, mais il semble que peu de leçons utiles aient été tirées de cette expérience. Notre gestion de la crise sanitaire continue d’être hantée par les mêmes dogmes, les mêmes peurs, les mêmes fausses croyances, les mêmes erreurs de raisonnement, qui nous empêchent d’y apporter les bonnes solutions. Cet article a pour but de faire le point sur ce que la médecine de terrain et la recherche nous ont appris, mais que nous continuons d’ignorer à nos dépens.

Confinements et santé publique

Un an d’observations nous a appris que la morbidité liée au COVID-19 n’est pas seulement déterminée par la sévérité des mesures sociales restrictives imposées par les gouvernements mais également, de manière cruciale, par l’état de santé général des populations ainsi que par la qualité des systèmes de soin.

Par exemple, la Suède, qui n’a pas imposé de confinement strict lors de la première vague de contagion en mars-avril 2020, a certes connu une mortalité supérieure à celle de ses voisins nordiques qui ont confiné. Cependant, son excès de mortalité globale au cours de l’année 2020 a été de +8% seulement, le 23ème plus faible excès de décès annuel sur 30 pays européens - inférieur au Royaume-Uni (15,1%), à la France (10,4%) et à l'Espagne (18,9%). La Suède a également connu un nombre inférieur de décès dus au COVID-19 par million d’habitants à ces trois pays, qui ont tous été soumis à des confinements stricts pendant la pandémie.

En ligne avec ce constat, une étude sur données internationales a établi l’absence de corrélation entre l’intensité des mesures non-pharmaceutiques imposées par les gouvernements (en particulier la sévérité des confinements) et la mortalité liée au COVID-19.

Le premier facteur corrélé à la mortalité est d’abord une espérance de vie élevée, car celle-ci détermine l’âge moyen de la population, et donc la proportion de la population qui se trouve à risque de contracter une forme grave du COVID-19. D’autres facteurs corrélés à la mortalité COVID sont le contexte de santé publique (prévalence des comorbidités reliées à la mortalité du COVID-19, telles que l’obésité, l'hypertension, le diabète, les maladies cardio-vasculaires, les cancers, par rapport à la mortalité due aux maladies infectieuses, qui est, pour sa part, corrélée négativement à la mortalité COVID), le mode de vie sédentaire, ainsi que l’environnement (température et indice UV sont tous les deux reliés négativement à la mortalité COVID).

En second lieu, l’investissement dans la santé avant la crise est également prédictif d’une mortalité plus basse pendant la crise. En particulier, une étude sur un panel de pays européens indique qu’un plus faible taux de mortalité a été observé dans les pays ayant un niveau de dépense publique de santé élevé par habitant (qui se traduit notamment par un nombre plus élevé de lits d’hôpitaux et de médecins par habitant). La qualité de la prise en charge des malades et des personnes âgées (en particulier dans les maisons de retraite) s’est avérée un déterminant essentiel de la mortalité lors de cette crise, les données européennes suggérant que les résidents des maisons de retraite ont représenté plus de 40% de tous les décès liés au COVID-19.

En plus d’avoir une efficacité très incertaine en termes de réduction du taux de mortalité liée au COVID-19, les confinements généralisés sont également néfastes pour le niveau de santé général de la population.

La fermeture du système scolaire et de l’activité économique génère des coûts de santé très importants, à travers l’anxiété économique qu’elle suscite, l’augmentation des contaminations intra-familiales, la restriction de l’accès aux soins pour de nombreux patients nécessitant des traitements médicaux (comme ceux souffrant de cancers ou de syndromes coronariens), l’effet du stress sur le système immunitaire, l'augmentation des troubles de l'alimentation, des problèmes d’obésité, de la consommation de drogues, des violences, des dépressions et des suicides (notamment chez les jeunes).

Ces confinements sont également un facteur d’ inégalités sociales très important : la fermeture des écoles a renforcé les inégalités scolaires dépendant du revenu et du niveau d’ éducation des parents, les travailleurs peu qualifiés sont les plus affectés à la fois sur les plans sanitaire et économique, tandis que l’exiguïté des logements  est un facteur d’aggravation du stress et des contaminations  associés  aux confinements.

Le rôle des enfants dans la gestion de crise

Les enfants ont été très impliqués dans la gestion de la crise : obligation du port du masque dès l’âge de 6 ans, tests de dépistage obligatoires par écouvillonnage, fermetures de classes entières et mesures d’isolement des familles en cas de test positif, fermeture du système scolaire tout entier lors des confinements… Israël s’est particulièrement illustré par un nombre de jours de fermeture du système scolaire record au sein des pays de l’OCDE.

Les mesures décrites plus haut ont un impact très important sur l’épanouissement et le développement de nos enfants, les premières années de la vie d’un enfant étant en particulier cruciales dans son neurodéveloppement.

Lire la suite

Commentaires : 0
Participez à la discussion, postez votre commentaire ici. Votre commentaire ne sera pas visible de suite, il doit être approuvé avant d'apparaître ci-dessous

Vous devez être connecté pour pouvoir poster un commentaire

Il n'y a pas encore de commentaire. Soyez le premier à poster

A propos

Vous l'aurez sans doute remarqué, le monde a un petit peu changé depuis le premier trimestre 2020. Pas facile de s'y retrouver parmi ce flot ininterrompu de news, infos, brèves, reportages, débats télévisés, même des encarts publicitaires... Beaucoup trop d'info tue l'info. Pourtant il en a sûrement sur ce site dont vous n'avez pas encore eu connaissance. Servez-vous et partagez.

A lire

Black Rock
Heike Buchter
Crépuscule
Juan Branco

La vraie info est ici

Tags